En 1847, dans une ferme de Hydesville, Etat de New
York, vivait la famille Fox : les parents et deux jeunes filles, Margaret
et Katie, 15 et 12 ans. La ferme était réputée
hantée. Des coups- ou raps , en langage spirite-
étaient frappés dans les cloisons et dans les meubles
qui parfois se déplaçaient tout seuls. "Le
lendemain d'un jour où (le fantôme supposé) s'était
montré particulièrement incommode, raconte Mrs Fox, nous
résolûmes de nous coucher de bonne heure et de n'y plus
faire attention. Mon mari n'était pas encore au lit. Ma plus
jeune fille -elle avait environ douze ans- s'amusait à frapper
dans ses mains pour entendre le coup répondre contre la muraille.
Je pris alors la parole et dis au bruit : "Compte jusqu'à
vingt." Les coups furent comptés. Je lui demandait encore,
si c'était un être humain, de frapper un coup. Il y eut
un silence complet. Si c'était un Esprit, de faire entendre deux
coups. Les deux coups furent frappés....."
Le
principe de l'alphabet spirite était trouvé, et les Esprits
entrèrent aussitôt en communication avec les vivants. Celui-ci
déclara se nommer Charles Haynes- ou Charles Ryan, suivant les
auteurs- veuf, père de 5 enfants, colporteur assassiné
par un précédent locataire et enterré dans la cave.
Il désigna même son assassin, un voisin qui avait, en effet,
habité la maison quelques années auparavant, mais qui
passait pour un fort brave homme. On creusa dans le sous-sol et on trouva
de la chaux, du charbon, des débris de vaisselle, une petite
touffe de cheveux et quelques os où l'on crut reconnaître
un fragment de crâne, sans que les Fox crussent devoir poursuivre
leurs recherches d'identification ou avertir la justice.
La
famille tout entière s'émerveilla. Après elle,
les voisins, puis les amis. Le bruit de ces conversations avec les morts
se propagea comme une traînée de poudre dans toute l'Amérique.
Le succès fut foudroyant.
Le
scandale aussi. Exclue solennellement de l'église méthodiste,
la famille émigra à Rochester, toujours suivie de l'esprit
Haynes. La carrière de médium de Margaret et Katie s'y
poursuivit, de plus en plus triomphale, si bien que, révélant
sur son passage quantité de médiums qui s'ignoraient auparavant,
la famille Fox s'installa à New York sur le chemin de la fortune.
Les exhibitions publiques se multiplièrent, dirigées par
la soeur des deux jeunes filles Leah, leur aînée de vingt-trois
ans. La célébrité des soeurs Fox allait de pair
avec la diffusion extraordinaire de la grande nouvelle. En 1852 se tint
le 1er Congrès Spirite à Cleveland. En 1854, les spirites
comptaient déjà en Amérique plus de trois millions
de fidèles, entraînés par plus de dix mille médiums.
Dès
1852, une mission de médiums américains parcourut l'Angleterre
et souleva la même émotion. En 1853, une autre mission
débarqua en Allemagne, et créa un courant qui toucha instantanément
la France. Aussitôt s'institua, dans la meilleure société,
un débat passionné. En 1854, l'Académie des sciences,
avec Chevreul et Faraday, prit partie contre les phénomènes.
Mais tous les salons discutaient et tentaient d'émouvoir les
guéridons...
Mme
de Giradin, convertie dès la première heure, communique
la foi spirite à Victor Hugo et à ses amis, Auguste Vacquerie
entre autre, dans la maison d'exil de Jersey. Parmi les adeptes, Boucher
de Perthes, le père de la préhistoire, dont la revue spirite
de 1904 publie quelques lignes fort éloquentes. Plus tard, Victorien
Sardou accepte de présider le congrès spirite de 1900,
le Colonel de Rochas se livre à maintes expériences célèbres.
Derrière
eux, beaucoup de médecins, dont l'éminent Charles Richet,
beaucoup de militaires, quelques abbés, courant parfois le risque
de l'interdit, tel l'abbé Petit, fidèle chroniqueur des
réunions spirites de la Duchesse de Pomar. Beaucoup de grandes
dames françaises et étrangères, Rufina Noeggerath,
la Baronne Cartier de Saint-René, Mlle Amélie Desormeaux,
convertie au spiritisme par Victor Hugo pendant le siège de 1870,
et bien d'autres bourgeois et bourgeoises d'excellente société.
Dès 1854, un lyonnais, Léon Hyppolite Rivail, reçut
l'initiation d'un magnétiseur de ses amis, M. Forestier. D'un
tempérament didactique et sérieux, Rivail, sous le pseudonyme
d'Allan Kardec, allait donner à la nouvelle révélation
ses contours précis et établir la doctrine spirite.
En
1906, faisant le point, J. Malgras, historien des débuts du spiritisme,
pouvait citer, parmi les grandes nations, des maîtres éminents
de diverses branches, scientifiques ou autres, publiquement ralliées
au Spiritisme :
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EN
AMERIQUE :
-
Le juge Edmonds, ancien chief justice de la cour suprême de New York
et ancien président du sénat,
-
Mapes, de l'Académie nationale, professeur de chimie,
-
Robert Hare, professeur de l'Université de Pensylvanie, auteur
d'un ouvrage, Expérimental investigations of the Spirit Manifestations,
-
Robert Dale Owen, savant et écrivain de renom, auteur d'un ouvrage,
Falls on the boundary of another world (1877), et plus de 22
journaux ou revues, dont le principal était le Banner of
light de Boston.
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| EN
ANGLETERRE :
En
1869, la Société dialectique de Londres nomme une commission
de 33 membres pour "anéantir à jamais (ces phénomènes
spirites) qui ne sont qu'oeuvre d'imagination". Après 18 mois
de travaux, la commission conclut en faveur du spiritisme et de la réalité
des faits spirites ! Faisaient entre autres partie de cette commission
:
- Sir
John Lubbock, de la société royale (institut anglais),
- A.
Russel Wallace, émule de Darwin et, après lui, le plus éminent
représentant de l'évolutionnisme. A la suite de cette enquête,
il écrivit un témoignage, Miracles and Modern Spiritualism,
- A.
de Morgan, président de la Société mathématique
de Londres, avec son livre, From Master of Spirit,
- William
Crookes, de la Société royale, le plus éclatant homme
de science que les spirites aient eus dans leurs rangs en ce temps. Le
premier, Crookes, grâce à l'héliomètre de Greenwich,
put photographier les corps célestes. Ses études portent
sur la spectoscopie, sur la découverte du thallium, sur le quatrième
état de la matière : radiant. C'est donc un savant qui,
dans un livre intitulé Recherches sur les phénomènes
du spiritualisme dit en parlant de ces phénomènes :"je
ne dis pas que cela est possible, je dis que cela est." Son témoignage
fut d'un grand poids.
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| EN
ALLEMAGNE , l'astronome Zollner, les Prs
Ulrici, Weber et Fechner, de l'Université de Leipzig, le professeur
de philosophie Carl du Prel, de l'Université de Munich, sceptiques
au début se rallièrent.
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| EN
ESPAGNE, toujours en 1906, chaque ville de quelque importance possède
une société et un journal d'études psychiques. Le
groupement le plus important est le "Centro Barcelones", auquel
se rattache "l'Union Escolar Espiritista", avec son organe,
la Revista de Estudios psicologicos. La fédération
des groupes de Catalogne est sous la présidence du vicomte de Torrès-Solanot,
écrivain et expérimentateur.
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| EN
ITALIE, on compte :
- Cesare Lombroso, l'éminent
criminaliste,
- Schiaparelli, directeur
de l'observatoire de Milan,
- Gerosa, physicien,
- de Amicis, physiologiste,
etc...
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-
Boutlerow, Wagner et Ostrogradsky, professeurs de l'Université
de Pétersbourg,
-
Aksakof, linguiste et écrivain, conseiller secret d'Alexandre
III,
-
le comte de Bodisco, chambellan de l'empereur, etc...
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